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Stress, fatigue, carences : la graine d’ortie, un miraculeux adaptogène local…

13 janvier 2026 par
Pure Shanti

Article initialement publié le 20/08/2025

Nous connaissons tous l’ortie pour sa feuille, ne serait-ce que parce que nous avons appris, et ce souvent dès l’enfance !, à nous en méfier (première plante sauvage sans doute que l’on ait su reconnaître 🌿)… Même notre petite chienne a compris qu’il ne faut pas trop y mettre la truffe car « ça pique »… Malgré cela nous avons également appris depuis longtemps (je parle à échelle individuelle eeeeet humaine), qu’avec la bonne manière de la cueillir (par en-dessous) ou armé d’une paire de gants), l’urticacée n’est pas à craindre et au contraire excellente à consommer pour sa richesse en flavonoides (antioxydants), vitamines (surtout A, B et C), et même en protéines (la feuille d’ortie contient d’ailleurs tous les acides aminés essentiels, dont les fameuses lysine et méthionine qu’il faut veiller à équilibrer dans toute assiette végétarienne). De plus elle est alcalinisante, contrairement aux thés et cafés, qui sont acidifiants (et c’est pourquoi elle avait eu – en infu – le dessus sur mon thé vert matinal pendant plusieurs années…) 🍵 J’aimais aussi beaucoup à cette époque la consommer en soupes, en tartes ou en jus… À remettre sur ma table peut-être, mais la feuille d’ortie n’est pas le thème de cet article, il est temps que j’y vienne…

Donc, si nous connaissons tous la feuille, voire la racine d’ortie (mais stop aux digressions…), nous en connaissons moins la graine… Et quel dommage, car la graine d’ortie est un merveilleux adaptogène (je vous redis ce que c’est dans un instant)… exceptionnellement efficace, local et totalement gratuit. La partie la plus nutritive et médicinale de la plante en réalité !!!! Alors si, en tant que pratiquante d’Âyurveda, j’aime beaucoup recourir au besoin à l’Ashwagandha (Withania Somnifera), au Tulsi (basilic sacré, Ocimum Sanctum), au Brahmi (Bacopa Monnieri) ou à l’Amla (groseille indienne, Emblica Officinalis) dont je vous parle régulièrement dans mes cours, j’aime aussi immensément faire affaire (faire symbiose) avec les plantes de mon jardin ou de mon environnement très proche. Une chose que d’ailleurs l’on m’avait demandé en Inde lorsque j’y étudiais, à ma mesure, la pharmacopée locale : « il faudra que tu adaptes aux plantes de chez toi »… Et ooooooh combien cette parole sonne juste aujourd’hui, tant du point de vue de notre santé que de celui de l’exploitation des ressources indiennes (il y a 20 ans l’Âyurveda n’était pas aussi développée en Occident…), mais encore une fois je ne veux pas digresser…

Donc revenons à notre graine d’ortie… (graine d’ortie femelle ! attention, je vous dis ça aussi plus bas…) Qui commence à apparaître « en grappes » sous les feuilles dentelées passé le solstice, et qu’il est encore temps (en fin d’été) de cueillir, puisque j’en vois encore beaucoup de bien vertes là où les arbres ont pu donner de l’ombre. On en trouvera même certaines années jusqu’au milieu de l’automne aussi je me dis qu’il n’est pas trop tard pour cet article… Et si ce n’est pas pour cette fois, qu’à cela ne tienne !, vous ferez le plein l’année prochaine… 🌿🌿🌿

"ortie for tout" : vous ne la verrez jamais plus comme une mauvaise herbe…

Un adaptogène, c’est quoi déjà ?

Pour dire les choses simplement, un adaptogène, est une plante qui aide le corps à revenir à l’équilibre. C’est souvent une plante qui a poussé dans des conditions difficiles, voire extrêmes (en termes de terrain, climat, etc…), qui a « appris à s’en sortir » et a, en quelque-sorte, gardé ces capacités de résilience « en mémoire » et va donc être capable de nous les transmettre en cas de stress. C’est une plante oserais-je dire, « yogini »… qui va nous permettre de garder notre calme en toute (ou presque) circonstance…

Un adaptogène est également une plante qui va agir sur TOUS nos systèmes (et non un seul) : système nerveux donc, mais aussi endocrinien, digestif, immunitaire… et que l’on va pouvoir utiliser au long cours, puisqu’elles revitalisent sans sur-stimuler.

Ce sont des plantes qui font partie d’une sagesse ancienne mais toujours vivante, qui ont soutenu la santé de nos ancêtres sur de nombreuses générations (d’où également l’intérêt d’un adaptogène LOCAL)… puisque ces plantes sont instinctivement « reconnues » par notre corps, même si notre mental a oublié… En utilisant les adaptogènes, on honore ce savoir botanique ancestral et l’on restaure un lien à la Nature trop souvent rompu… (Et ceci même est tout le propos de l’Âyurveda…)

Bref, ce sont des plantes anciennes qui agissent sur notre stress moderne… Et si vous voulez ma définition personnelle : un adaptogène est une plante intelligente, qui SAIT ce qu’il faut faire dans notre corps.

"Pour toute maladie humaine, il existe, quelque-part dans le monde, une plante qui en est le remède."

_ Rudolf Steiner 

15 bienfaits de la graine d’ortie

  • Comme l’ensemble de la plante, la graine d’ortie contient des vitamines (A, B, C et K) ainsi que des minéraux (notamment calcium, fer, magnésium et silice)
  • La graine est également riche en acides gras saturés (palmitique), insaturés (oléique) et polyinsaturés (linoléique) qui aident le corps à produire des omégas 3 et des omégas 6, et est riche en vitamine E, bénéfique pour la peau et le système nerveux.
  • Contient aussi des caroténoïdes (lutéine et violaxanthine) ainsi que du β-carotene. Disons des pigments orangés que l’on retrouve dans la carotte ou le poivron trèèèèès anti-oxydants (protègent nos cellules de l’action des radicaux libres). Flavonoïdes et polyphénols vont également dans ce sens…
  • Ferait baisser la tension artérielle et le cholestérol (en raison de ces mêmes anti-oxydants)…
  • Comme la racine, la graine renferme une lectine très particulière (appelée Urtica Dioica Agglutinine) dont l’activité dite « super antigène !!! » permet aux défenses immunitaires de remonter sans élever les cytokines pro-inflammatoires !
  • Dans la même idée, la graine contient également des triterpènes (comme dans le beurre de karité ou les champignons par exemple le fameux Reishi de la médecine traditionnelle chinoise…). Les triterpènes sont des substances anti-inflammatoires, anti-virales, anti-fongiques, immuno-stimulantes… « La cortisone de la nature » si vous voulez…
  • Soulage les congestions nasales (toujours cet effet anti-inflammatoire)
  • La graine (mais aussi la feuille) d’ortie serait anti-allergique de part la quercétine et la rutine qu’elle contient. Apaise donc les « rhumes des foins ». Voir aussi Bhramara mudrā (la mudrā de l’abeille) si vous êtes concernés par les allergies de printemps…
  • Tonique pour la glande thyroïde (utile donc pour les personnes en « hypo »). Au 19ème siècle, les graines réduites en poudre étaient considérées comme un remède contre le goître…
  • Protège le foie, notamment car elle contient (comme le jaune d’oeuf), de la choline, utilisée parfois en cas d’hépatite ou de cyrrhose. La choline est également neuro-protectrice et l’on a absolument besoin d’un apport extérieur (par l’alimentation) car notre corps n’en produit pas suffisamment…
  • Traite les infections urinaires et pourrait avoir une incidence sur les problèmes de prostate.
  • Pour les jeunes mamans : la graine d’ortie a un effet galactogène (fait monter le lait)…
  • Soutient les reins et les sur-rénales (comme toujours les adaptogènes…)
  • Apaise le stress, il ne faut pas oublier de le dire !!!! Redonne le moral, lutte contre le « blues hivernal…
  • Ancre et redonne de l’énergie sans effet « coup de fouet », c’est beaucoup plus subtil et durable que ça… Je disais plus haut « renforce sans sur-stimuler » ni sur-chauffer !!!! Ce qui fait que la graine d’ortie peut être utilisée y compris par les personnes Pitta (tempéraments qui s’échauffent…), dont elle résoudra parfois les problèmes de peau (grattages, irritation, eczéma etc…)

Bref, tout ceci explique de manière un peu analytique les bienfaits de la graine d’ortie… cependant, de ma propre expérience et pour résumer tout cela, je dirais que vous n’iiiiiiiiimaginez pas TOUT LE BIEN que cette minuscule petite graine peut vous faire !!!!! Une RARE sensation à la fois d’énergie eeeeet d’apaisement… D’ailleurs, même si mon bocal est déjà plein pour cette année, je crois que je vais aller en faire une petite récolte complémentaire… 🌿🌿🌿

Reconnaître, cueillir, faire sécher la graine d’ortie

Attention, on ne veut (peut ?) consommer QUE les graines d’ortie de la plante femelle… Et oui, l’ortie est une plante dioïque, c’est-à-dire que deux pieds distincts produisent les graines mâles et femelles… Il est très facile de les reconnaître, puisque les graines femelles forment de petites grappes dirigées vers le bas (et non vers le haut) qui, au fil de l’été, feront ployer la tige sous leur poids.

Il faut cueillir les graines tant qu’elles sont encore vertes (et non brunes)…. En prenant soin bien-sûr de ne pas « tout cueillir »… (les graines ne sont pas qu’un merveilleux adaptogène, elles sont aussi la prochaine génération d’orties…) donc on en laisse aaaaamplement à Dame Nature et on ne prend que ce dont nous avons besoin « pour l’hiver »…

Pour ma part, je n’ai pas de mal à cueillir les graines « à mains nues » quand il s’agit d’en prendre quelques-unes : il suffit de pincer au bon endroit, juste à la base (à l’aisselle) de la feuille et tirer vers le haut pour s’en sortir sans piqûre… Mais si vous préférez ou que vous avez l’intention d’en cueillir une bonne quantité, prendre des gants est permis ☺️… Prévoir également un sachet ou un bocal, pour transporter sa récolte… Cette technique « à la main » permet de ne prendre que les graines et de laisser les feuilles « sur pied », mais certains préfèrent s’armer d’un sécateur et couper les tiges pour pouvoir les nouer ensuite ensemble puis les faire sécher tête en bas (tête dans un sac afin de ne pas perdre les graines qui se détachent toutes seules)… Bref c’est une affaire de préférence… Sachez simplement que les feuilles ne se consomment plus une fois que les graines sont apparues… Cueillir les tiges entières ne permet donc pas de faire « d’une pierre deux coups »…

Personnellement, je dispose mes graines sur un torchon recouvert de papier kraft dans un cageot et je laisse sécher dans un endroit sombre (sous mon escalier 😌)…. Une fois les graines sèches (quelques semaines, selon la météo…), je les mets simplement en bocal telles qu’elles… Mais on peut aussi utiliser une mini passoire, y déposer une petite quantité de graines et appuyer avec le dos d’une cuiller pour séparer les graines de leurs petites tiges. De cette manière on mettra uniquement les graines triées en bocal et on pourra se servir à la petite cuiller plutôt qu’à la pincée…

Ça se mange comment ?

À propos de petite cuiller, une ou une demie est amplement suffisante au quotidien (jamais plus de 30g/jour)… À mettre dans la bouche et mastiquer ouuuuuu à saupoudrer sur le muesli, la soupes, les salades ou n’importe quel plat. La graine d’ortie apportera alors une petite touche de croquant, et elle est aussi fort agréable mélangée (voire moulue) avec du gomasio (ce savoureux mélange de sel et sésame japonais 😋) ou des algues (augmente l’effet thyroïdien)… Oh ! Pas dans les jus en revanche car les graines flottent et ce n’est guère agréable de faire filtre avec la bouche… Bien en infusion par contre, même si la tisane de graines d’orties peut empêcher certains de dormir (contient de la vitamine C), donc selon la sensibilité de chacun… Elle se marie ainsi particulièrement bien aux « nervines » comme la mélisse (une autre simple adorée de mon jardin…) ou l’avoine sauvage (la « folle avoine ») dont elle décuple les effets apaisants…

Maintenant, quel bonheur aussi de la manger en chemin (« un bucolique goût de haricot vert cru », dixit mon cher et tendre 💙), comme des mûres, directement de la plante à la bouche… Et l’on peut même, c’est délicieux ! et de saison, savourer les deux ensemble !!!! Peu importe que l’on se pique un peu aux ronces ou aux orties… Pour ces dernières il s’agit même d’une méthode thérapeutique (l’urtification, si si !!!!) testée et réputée anti-inflammatoire, soulageante pour les problèmes d’arthrite par exemple ! Un dernier petit conseil donc : si vous vous êtes faits piquer par les orties (volontairement ou non), ne touchez à rien, ne grattez pas, comme je le dis aussi en cours de yoga : ça va passer…. ☺️

Voilà… L’ortie… Je vous souhaite d’en prendre de la graine, Gwenaëlle.